Prisonnier matricule 39

Je suis le forçat n°39, voici mon récit qui pourrait être sorti d’un conte de fée. Oui car dans mon coeur d’enfant aussi loin que remonte ma mémoire je regarde les Femmes comme des Reines, des Princesses qui s’entourent de leurs meilleurs serviteurs dévoués et qui lorsque ceux ci sont inemployés dorment dans des cachots enchainés, punis lorsqu’ils ont mal travaillé. Je regarde ainsi les clapiers et le cagibi grillagé de chez mon grand père avec envie d’y être enfermé… A environ 6 ans on rentre assez facilement dans un clapier… Pourquoi j’aime ça ? Sans doute pour me protéger de ce monde violent d’adultes… c’est une autre histoire…

Mon coeur bat lorsque Madame m’appelle pour prendre rdv. Une semaine à l’avance je me mets dans ma bulle. Mon nez qui se bouche assez facilement, mes genoux vite douloureux en position à genoux, les besoins naturels, vont ils me laisser tranquille. Envie d’être entre les chaines de Madame entièrement, en laissant de coté mes états d’âmes.

Je voulais être digne d’être le forçat de Madame, dévoué, lui offrant mon corps. Je ne vais pas parler du déroulé d’une journée de forçat entre les mains de Madame, de la Geôlière, de la Gardienne du cachot de Madame où Madame prend plaisir à m’enfermer, à limiter mes mouvements. Madame m’accompagne dans ce que j’aime et j’accompagne Madame dans ce que Madame aime. Je ne fais que suivre Madame, en confiance et sérénité. Madame a bien tout verrouillé, même l’usage d’un safe word. Entre es chaines de Madame je me sens vivant, en liberté, lendemain, bien qu’avec quelques courbatures légères je serais bien retourné au service de Madame aujourd’hui, taulard, prisonnier.

Quand c’était un peu long, que mes membres me faisaient souffrir j’avais tout le loisir de m’évader, de rêver, de laisser mon esprit libre vagabonder, ce que la vie normale, le quotidien ne permet forcément. La liberté de m’offrir à Madame, d’entendre la voix de Madame me murmurer à l’oreille, le bruit des pas de Madame, le frôlement lorsque Madame prenait possession de moi, le bruit du sifflement de la cravache de Madame avant l’impact sur ma peau qui annonçait d’avance le coup reçu.

Je remercie Madame de m’avoir permis d’être moi même, je l’espère, d’avoir permis à Madame de l’être également, de m’être échappé pendant quelques heures, avec la douce musique du cliquetis des chaines de Madame, je remercie Madame de me laisser des souvenirs qui me remplissent de rayons de soleil. Je remercie Madame de m’avoir nourri, d’avoir pris soin de moi, de mes genoux. Je demande pardon à Madame d’avoir laissé échapper de la nourriture que Madame m’offrait, de décevoir Madame.

Il y a t’il Homme plus digne que celui de s’offrir à une Dame ? De se sentir fort, humble, de la voir ou la sentir rayonner, au prix de rester dans l’ombre et l’obscurité de son cachot, enchainé, prisonnier, la servir avec dévotion.

Je souhaite à quiconque pouvoir vivre dans ce doux paradoxe qu’être forçat. Madame a été mon rayon de soleil lorsque que j’étais privé de la vue, ma liberté et mon envol lorsque j’étais enchainé par Madame, me sentir un Homme alors j’étais réduit à être aux pieds de Madame, maltraité pour quiconque, avec bienveillance par Madame.

Mille merci Madame, je suis sincère dans tout ce que j’ai écris Madame.

Forçat 39

 

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