Prisonnier matricule 35

Guantanamo sans le soleil… 

On entre dans la pénombre. L’antre du loup. Loup sur le visage. Visage qui vous accueille. Un visage déterminé. Une détermination qui se traduit par des ordres. Des ordres qui ne prêtent pas à discussion. S’agenouiller. Baiser les pieds de Madame, respectueusement… Se dénuder … partiellement…, Dommage… Puis enfiler le costume de forçat. Pantalon orange comme … à Guantanamo. Comme un couperet, un numéro tombe : je « tire » le 35.  Madame me traite de chose puis de petite merde. Guantanamo commence. Madame me traine jusqu’à la geôle. Une première position annoncée comme douloureuse et l’attente, la sanction, la reconduction de la position puis l’attente, la sanction et à nouveau la position qui se prolonge. La même. Toujours la même. Dans le même tempo, une musique lancinante vous vrille les oreilles. Une musique sans couplet ni refrain, sans point de repère en fait. Comme un fait exprès. Le temps passe. Plus rien ne permet de le mesurer. Madame va et vient. Est-elle là ? est-elle loin ? Madame revient et consent enfin à changer votre position, pour une autre, plus dure encore. La souffrance est dans la posture, beaucoup moins dans les coups. Ces coups de cravache ou d’autres instruments à la main de Madame, qui viennent en séquence ponctuer la séance et redonner des points de repère. D’autres positions s’enchaînent, plus douces, presque bienveillantes. Madame prend soin de son forçat, … sans forcer, c’est tout à son honneur. Malgré tout, malgré les contraintes malgré les coups, ou peut-être grâce à eux, l’érotisme pointe, aiguisée par le cliquetis des chaînes, porté par les pointes du fouet, enserré dans quelques cadenas. On aimerait que cela aille plus loin. Encore quelques séquences puis vient la fin de la séance. Le forçat recouvre sa liberté et se voit prié de quitter les lieux, Adieu Guantanamo. Madame, Je tiens à vous rendre un grand hommage pour ce moment grandiose. Merci de m’avoir fait goûter les délices tout autant que les sévices de la séquestration. Forçat numéro 35

 

Accueil » Prisonnier matricule 35