Prisonnier matricule 09

Il est 21h30. Je baise respectueusement la main de Madame et je retrouve le monde réel. Marchant rapidement vers la station de métro, ma tête est ailleurs et  mon esprit  toujours prisonnier de l’univers de ma geôlière. Des images furtives embrument mon cerveau et hantent mon cerveau. Au réveil le lendemain, l’impression se confort. Celle d’un moment quasi irréel, mêlant appartenance et envoûtement. Oui, je me sens envoûté par Madame, possédé par elle. Et ça me fait résister aux nombreuses frustrations qu’elle m’a fait subi. Elle m’enchaîne, vérifie l’inconfort de ma situation, me met verbalement au défi de supporter longtemps la position et puis disparaît. Frustration … Elle revient, me frappe du pied ou de sa cravache et disparaît à nouveau sans un mot. Nouvelle frustration ….Madame est redoutable et imprévisible.  Plus tard, elle me murmure qu’elle va passer à table et que j’ai intérêt à ne pas la dérange. J’attends, je subis, je n’ai plus aucune autonomie.  Enchaîné, possédé… Par moments mon esprit se révolte encore: pourquoi ne vient-elle pas ? Pourquoi cette indifférence envers moi ?  Mais ensuite j’atteins une nouvelle dimension…Elle me frappe sans un mot et m’impose une nouvelle position : les jambes suspendues, les mains entravées, c’est à la fois délicieux et atroce. Je désire ardemment son retour et en même temps je le crains. Elle m’a murmuré qu’elle se délectait de mes souffrances. J’atteins un nouveau palier dans le bonheur d’être son forçat, son enclave, sa chose. Son ton sévère est en harmonie avec cette froideur gracieuse qui se dégage d’elle. Et qui donne tellement envie de revenir …Mais je crains bien que Madame gardera ses mystères et ne dévoilera pas réellement la nature du plaisir qu’elle prend à me posséder ainsi.  Merci Madame pour ces précieux moments entravés à votre merci. Je pense qu’il n’existe pas de geôlière aussi envoûtante que vous…  Numéro 9. 

 

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